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Si sa legitimite n’est plus contestee, l’annonce d’une maladie grave demeure forcement un moment a part dans la relation medecin-patient

Si sa legitimite n’est plus contestee, l’annonce d’une maladie grave demeure forcement un moment a part dans la relation medecin-patient

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C’etait au debut des annees 1960. Claude Jasmin debutait alors sa carriere de cancerologue. Avec un dogme au-dessus une tronche : en dire le moins possible au malade. Et, surtout, ne jamais dire la verite, ne pas prononcer le mot cancer. Annoncer 1 cancer, on pensait aussi que j’ai ete contraire a la deontologie medicale. Les medecins estimaient que nos malades ne pourraient jamais supporter votre verite. Alors, on parlait de maladie i fond, de maladie du sang, raconte maintenant votre medecin, devenu chef de service d’oncologie medicale de l’hopital Paul-Brousse, a Villejuif.

La verite est taboue, il ne fallait surtout nullement dire au patient que celui-ci etait atteint de telle ou telle maladie, reconnait lui aussi le professeur Vincent Meininger, chef du service de neurologie d’une Pitie-Salpetriere a Paris. Ce qui a fera evoluer les trucs, c’est l’arrivee des traitements, ajoute-t-il. Meme s’ils n’ont nullement tous une efficacite extraordinaire, Il existe maintenant des medicaments contre la maladie d’Alzheimer, de Parkinson ou Notre sclerose laterale amyotrophique. Et c’est devenu impossible de cacher la verite. Notre pire pourrait i?tre que le patient apprenne sa maladie en lisant la notice de ses medicaments.

A une telle epoque, celle ou le malade n’avait pas de nombreux droits, en dehors de celui de se taire, la verite du diagnostic n’etait pas toujours cachee. Parfois, aussi, elle surgissait une bouche tout d’un grand patron hospitalier desireux de briller devant ses etudiants lors en visite du service. Le malade apprenait son diagnostic dans une ambiance de corrida. Le nom lache de sa maladie etait l’estocade donnee par le toreador-patron devant une arene de spectateurs-eleves-admiratifs, ecrit Christine Delaporte, directrice de recherche au CNRS (1).

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Maintenant, plusieurs diagnostics paraissent toujours assenes avec une brutalite inouie.


Cancer, le mot reste desfois lache au telephone ou dans un couloir, entre deux portes. Parfois aussi, plusieurs diagnostics restent secrets. Aujourd’hui, depuis toujours des neurologues qui se refusent a annoncer une sclerose en plaques de peur que le patient ne le supporte pas, souligne le professeur Meininger. Mais, de maniere incontestable, le paysage sanitaire a connu un profond bouleversement sous l’impulsion des associations de patients. Desormais, la verite au malade est votre droit grave dans la loi. Toute personne a le droit d’etre informee sur son etat de sante, stipule sa loi du 4 mars 2002 votee a l’initiative de Bernard Kouchner.

Neanmoins, qu’est-ce que J’ai verite en medecine ? Et comment dire la gravite de telle ou telle maladie ? Faut-il dire a un patient qu’il va perdre toutes ses facultes intellectuelles ? Ou que, selon les statistiques, il a environ 10 % de chances de devenir encore vivant dans 5 ans ? Avouees ou secretes, ces questions sont forcement au coeur de l’annonce de la maladie i fond. Un moment crucial, unique, dont Christine Delaporte resume bien l’intensite et l’enjeu.

L’annonce de la maladie grave est une situation fort particuliere. C’est un des plus courts actes medicaux. Il dure entre dix et trente secondes, la variation de temps libre tenant a Notre longueur du nom en maladie. Il a lieu i l’occasion d’une entrevue de cinq a cinquante minutes, entrevue souvent unique avec votre medecin avec consequent inconnu. Tout le probleme tient dans cette description apparemment caricaturale, mais encore trop reelle et trop frequente : un individu va apprendre une nouvelle qui va bouleverser sa vie d’la bouche tout d’un anonyme et dans un environnement anonyme. Notre charge emotionnelle, evidemment souvent consequente pour le medecin, est ecrasante concernant le malade . Pour votre dernier, l’annonce est un acte guillotine. Ce court moment va laisser une empreinte dans sa vie, dans la facon dont il la vivra, definitivement ou, pour le moins, Afin de de grandes annees. La maladie commence, non nullement au milieu des premiers symptomes, mais avec le annonce (1).

Notre medecin doit sentir votre que desire le malade

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Avant d’annoncer un diagnostic, le medecin doit sentir votre que desire le malade. Ce qu’il sera capable d’encaisser. Tous nos malades ne semblent jamais capables d’entendre la aussi chose au aussi moment, constate le docteur Francoise May-Levin, ancienne cancerologue, tout i l’heure responsable d’un groupe de paroles a la Ligue contre le cancer. Certains malades paraissent furieux parce que medecin leur a annonce un maladie de maniere brutale, ajoute-elle. D’autre sont bien aussi furieux parce que, au contraire, leur medecin n’a nullement parle de cancer, mais a tourne autour du pot avec un langage betifiant en traitant de mechantes cellules.

Savoir ou ne point savoir ? Notre verite a tout tarifs ou la politique de l’autruche ? Face a Notre maladie, chaque personne reste differente. Actuellement, pourtant, une tres large majorite de medecins estime que, si le malade le souhaite et peut le supporter, Cela reste toujours preferable de dire la verite, de nommer la maladie. Parfois, c’est votre meme un soulagement concernant le malade qui, jusque-la, a pu etre un tantinet balade, constate le docteur Edwige Bourstyn, chirurgienne au centre des maladies du coeur de l’hopital Saint-Louis a Paris. Il a surpris le radiologue Realiser une drole de tete en voyant ses resultats, son generaliste penser que votre n’etait jamais normal. Neanmoins, sans que personne ne lui dise la verite. Di?s que le cancerologue lui annonce le diagnostic, enfin, il sait. Cela est incroyable, c’est que Divers malades m’ont aussi remerciee de une telle annonce en me disant : maintenant je sais votre que j’ai, je peux me battre.

Mais une telle verite n’est gui?re non plus une obligation. Le medecin doit aussi respecter la volonte de certains malades de ne point savoir. Ma femme n’a pas voulu entendre le mot cancer. Elle voulait tout savoir de le traitement. Mais votre commentaire, elle ne voulait gui?re l’entendre, raconte Jean-Pierre Escande, dont l’epouse reste decedee on voit quatre ans. La totalite des medecins le disent : il n’y aucun maniere ideale d’annoncer une maladie grave. Pas de trucs, aucune recettes toutes faites. Juste des principes : se donner un moment, penser nos choses le plus simplement possible et surtout ecouter le malade .

La verite , ce n’est gui?re un paquet qu’on balance a la figure. Mes malades paraissent capables d’accepter la verite , aussi si elle est tres dure. On peut penser a 1 malade que celui-ci n’y a plus de chimio possible dans son cas si, dans le meme moment, on lui dit que ce n’est Afin de ceci qu’on va tout laisser tomber, qu’on va l’abandonner. Il faudra toujours laisser une a ouverte, dit le docteur Gilbert Desfosses, chef du service des soins palliatifs de l’hopital des Diaconesses a Paris.